L'animation d'un groupe d'entraide

L’animateur comme pilier du groupe

Au sens strict du terme, l'animateur est le « technicien » qui aide un groupe à bien fonctionner durant la rencontre. Que le groupe soit grand ou petit, un animateur est nécessaire. Sinon, le groupe tourne en rond, parle pour parler et ne débouche sur rien de concret.

Il est important que la personne qui tient le rôle d’animateur soit clairement reconnue par tous comme tenant ce rôle, avec les prérogatives et les obligations qui s’y rattachent.

Fonctions de l’animateur

De façon générale, les principales fonctions de l’animateur sont les suivantes :

  • aider le groupe à identifier ses besoins, à se donner un but, à réaliser ce qui a été décidé et à évaluer ce qui a été fait ;
  • veiller à ce que le groupe demeure fidèle aux buts qu’il s’est proposé d’atteindre et à l’organisation qu’il s’est donné à cette fin ;
  • assurer le lien entre les membres du groupe ;
  • animer « techniquement » le groupe lors des rencontres ;
  • motiver les membres du groupe à aller de l’avant ;
  • veiller à la bonne marche générale de ce qui a été décidé par l’ensemble des membres du groupe.

Rôle de l’animateur

De façon précise, le rôle de l’animateur au cours d’une rencontre peut se résumer par les points suivants :

  • préciser le but de la rencontre du groupe ;
  • dire brièvement quelles seront les différentes étapes de la rencontre ;
  • faciliter les échanges d’opinion entre les membres (par des questions, des suggestions, etc.) ;
  • donner aux différents points de vue une chance égale d’être pesés et examinés par le groupe ;
  • maintenir l’ordre dans la discussion ;
  • accorder avec justice le droit de parole ;
  • ramener les « hors d’ordre » sur le sujet adopté au départ ;
  • aider à clarifier le sens des diverses interventions quand elles prêtent à confusion ;
  • faire de temps à autre le point (résumé) de ce qui s’est dit ou fait ;
  • sans éviter l’expression des différences ni les conflits possibles, voir à ce que l’expression aille dans le sens des objectifs de la rencontre et ne nuise pas au déroulement de la rencontre ;
  • faire la synthèse de la rencontre (petite évaluation à la fin la rencontre).

L'animateur doit-il tout savoir ?

Non, l’animateur ne doit pas tout savoir car son rôle n’est pas de donner des réponses, mais d’animer. Sur une question précise, il doit en savoir suffisamment pour comprendre le sens des interventions et les situer les unes par rapport aux autres.

La distinction entre « animateur » et « expert »

Il est très important de faire la différence entre « animateur » et « expert » (ou personne-ressource). À ce propos, il est utile, en considérant les connaissances acquises lors de la participation à un groupe d’entraide, de souligner la distinction entre connaissances objectives (celles que doit posséder tout « expert ») et connaissances subjectives (celles que devrait posséder l’animateur d’un groupe d’entraide).

Pour sa part, l’animateur de la rencontre n’a pas à être un « expert » du sujet discuté. En fait, l’animateur n’a même pas besoin d’en savoir autant que les autres membres du groupe : Son premier rôle est d’aider le groupe à poser ses questions, à y trouver des réponses d’une façon ou d’une autre et non de répondre lui-même à toutes les questions ; toutefois, une connaissance suffisante de la question est requise pour animer correctement le groupe.

À partir du moment où un groupe s’attarde à une situation de vie vécue par tous les membres, nous croyons que ceux-ci sont tous plus ou moins experts sur la question, puisqu’ils en ont l’expérience (expert-expérience). En effet, face à une crise ou à un bouleversement dans son existence, ce n’est souvent pas tant de connaissances objectives qu’a besoin l’individu, mais beaucoup plus d’une compréhension, d’une connaissance personnelle ou subjective du problème qui l’affecte, lui permettant d’accepter ou de changer certains aspects personnels de sa vie, tout en gardant la motivation à poursuivre les changements désirés.

Règles de base pour un animateur

  • D’abord chercher à comprendre ; ensuite, à se faire comprendre.
  • Respecter les idées et les personnes.
  • Ne pas avoir d’idées préconçues sur les membres et leurs points de vue.
  • Questionner et laisser les membres du groupe répondre.
  • Assigner les tâches clairement, s’il y a lieu.
  • Écouter attentivement.

L'aminateur peut-il exprimer ses propres opinions ?

En principe, l’animateur est là pour faciliter l’expression des opinions des autres et non pour donner les siennes. Si, à un moment donné, il juge opportun de dire ce qu’il pense du sujet discuté, cela doit être fait avec un maximum de prudence car l’animateur doit continuer à favoriser les échanges entre les membres. S’il décide de donner son opinion, l’animateur pourra, par exemple, dire : « Je quitte mon rôle d’animateur, pour quelques instants, pour être participant comme vous ».

Qui peut animer un groupe d'entraide ?

Les aptitudes requises pour l’animation

Lorsque l’on parle d’aptitudes, on fait référence à des dispositions personnelles que chacun possède plus ou moins au départ et qui peuvent être développées.

Un bon animateur de groupe doit :

  • être convaincu de la valeur de la démarche entreprise par le groupe, afin de pouvoir motiver les participants ;
  • être capable de structurer les rencontres d’un groupe ;
  • être capable de faire face à diverses situations relationnelles : agressivité, passivité, etc. ;
  • être capable de « mettre en veilleuse » ses idées personnelles pour laisser aux autres la chance d’exprimer les leurs ;
  • être capable d’écouter réellement et de comprendre le point de vue des autres.

Les qualités indispensables d’un animateur

Il n’existe pas d’animateur idéal, ni de trucs, ni de recettes pour animer un groupe. Plutôt, il y a quelques qualités indispensables pour pratiquer efficacement l’animation des groupes. Ces qualités peuvent s’acquérir et ce, à la condition de jouir d’une autonomie personnelle suffisante, c’est-à-dire d’être suffisamment stable et d’être capable de se prendre en main. S’il veut acquérir ses qualités, l’animateur devra s’interroger sur sa façon d’animer, il devra être en mesure de reconnaître ses forces et ses limites et être disposé à se perfectionner.

En dehors de l’attitude générale décrite au paragraphe précédent, l’animateur doit posséder certaines qualités essentielles.

Quelles que soient les circonstances, il devra faire preuve d’une assurance, tant physique que psychologique, qui lui permettra d’affronter dans les meilleures conditions les situations les plus difficiles.

Il saura adapter son style d’animation aux besoins du groupe, c’est-à-dire qu’il pourra jouer un rôle de modérateur ou de facilitateur des échanges, selon les circonstances.

L’animateur saura réagir instantanément devant des situations imprévues.

L’animateur saura être à l’écoute des membres du groupe.

Une dernière qualité (mais non la moindre), à ajouter à cette liste : L’animateur aura le sens de l’humour !

La présence d’un coanimateur, c’est-à-dire d’une personne qui aide l’animateur à bien remplir ses fonctions, peut être fort utile en situation de crise, puisque l’animateur ou le coanimateur peut alors se retirer du groupe avec la personne en crise pour l’aider à surmonter les difficultés du moment.

Les compétences requises pour l’animation de groupe

La compétence en matière d’animation de groupes s’acquiert surtout grâce à l’expérience. Nul n’est compétent du premier coup. Toutefois, l’animateur d’un groupe d’entraide devra posséder :

  • un minimum de connaissances sur le rôle de l’animateur ;
  • un minimum de connaissances sur les règles de base de l’animation ;
  • un minimum de connaissances sur le sujet débattu (étant donné que, de façon générale, l’animateur d’un groupe d’entraide partage le vécu commun de l’ensemble du groupe, cette condition ne pose généralement pas de problème) ;
  • une bonne compréhension des buts généraux poursuivis par le groupe et la capacité de les expliquer au groupe ;
  • un peu d’expérience en animation, si possible (mais il faut bien commencer par une première fois un jour !).

Ce qui peut nuire à l'animation ou Les principaux défauts d'un animateur

Le manque d’adaptation à la personnalité du groupe, défaut qu’on peut lier avec le désir de montrer sa supériorité sur le groupe.

Celui qui anime une rencontre peut avoir tendance à écraser le groupe (de façon consciente ou inconsciente) en voulant montrer au groupe qu’il est une personne compétente. Néanmoins, plutôt que de favoriser les échanges parmi les membres du groupe, cela risque d’avoir pour effet de bloquer le groupe dès le départ. Cette attitude traduit souvent un manque de confiance en soi et un manque de simplicité.

La volonté d’imposer ses idées

Étant donné que ses interventions peuvent orienter le déroulement de la rencontre, l’animateur doit se montrer ouvert aux idées émises par les membres du groupe et non pas imposer les siennes.

L’envie de parler

L’animateur bavard est un personnage redoutable car :

  • il empêche les membres de s’exprimer ;
  • il n’est pas à l’écoute des membres du groupe, tellement il est désireux d’émettre ses propres opinions ;
  • étant donné sa position privilégiée, il influence le groupe dans le sens de ses idées personnelles ;
  • il donne souvent une impression de malaise car on sent qu’il parle surtout par crainte des silences.

Une trop grande rigidité

C’est l’animateur qui impose au groupe sa vision et oriente les échanges entre les membres en fonction de ses propres certitudes, même s’il est évident que sa façon d’animer nuit à la participation des membres et les empêche de progresser.

Une trop grande souplesse

C’est l’animateur qui propose certaines étapes (par exemple, un tour de table) et se laisse entraîner par les membres dans des voies tout à fait différentes. Ou bien l’animateur qui, visiblement, n’a aucune idée sur la façon dont se déroulera la rencontre et laisse aller le groupe dans toutes les directions (pour se justifier, il aura recours au terme de « non-directivité »).

L’excès ou l’insuffisance d’autorité

L’excès d’autorité crée des blocages, tandis que le manque d’autorité engendre la confusion. Souvent les deux attitudes coexistent chez le même animateur selon les personnes auxquelles il s’adresse.

C’est le cas de l’animateur qui n’ose pas faire taire les personnes qui parlent beaucoup durant la rencontre, même si elles sont complètement à côté du sujet. En revanche, il restreint le droit de parole, ironise, rejette les idées émises, etc. ,lorsqu’il s’agira d’un membre qui en impose moins.

L’implication dans la discussion

C’est le cas de l’animateur d’une rencontre où il est lui-même partie prenante (ou fortement concerné par le sujet). Il a évidemment tendance à prendre parti ou contre les propos des participants. À ce moment, il n’anime plus : Il participe. Et, de ce fait, il devient incapable de jouer correctement son rôle.

Dans un groupe d’entraide où l’animateur est directement concerné par les propos soulevés (au même titre que tout autre membre du groupe), l’implication dans la discussion peut poser problème. Aussi est-il fortement recommandé qu’il y ait alternance au niveau de l’équipe d’animation à l’intérieur d’un groupe d’entraide, de façon à permettre à chacun de s’exprimer et de se réaliser pleinement.

Le manque d’assurance

Beaucoup d’animateurs ont peur du groupe qu’ils doivent animer. Cela peut se traduire de différentes façons : trop grande rigidité, agressivité ou encore trop grande souplesse dans l’animation (voir précédemment).

Ce manque d’assurance est souvent physique. Face au groupe, l’animateur ne sait pas quelle attitude adopter. Il reste vissé derrière sa table, il évite les regards des participants. Il ne sait pas s’exprimer avec son corps. On le sent mal à l’aise et il rend mal à l’aise.

Le manque de compréhension de la psychologie des groupes

Lorsque des personnes sont réunies, il se passe entre elles un certain nombre de phénomènes qu’on appelle « phénomènes de groupe ». Un animateur compétent doit être constamment en éveil vis-à-vis de ces phénomènes.

Les responsabilités de l'animateur dans un groupe d'entraide

Les groupes d’entraide permettent aux personnes qui ont un vécu commun de se rencontrer. Ces personnes peuvent partager leurs difficultés et essayer de trouver ensemble des solutions pertinentes afin d’améliorer leur situation. Dans ce contexte, les responsabilités de l’animateur seront les suivantes :

  • assurer la mise en place et le bon fonctionnement des rencontres du groupe ;
  • être responsable de l’organisation matérielle et de la logistique des différentes rencontres ;
  • établir avec les participants les différentes règles régissant la confidentialité requise par le groupe et en assurer le respect ;
  • susciter la pleine participation de l’ensemble des participants et savoir les écouter ;
  • adopter des moyens efficaces pour bien encadrer les groupes et favoriser la participation de chacun ;
  • contrôler certains aspects du contenu afin que les discussions ne dérapent pas sur des idéologies héritées des courants politiques, religieux ou philosophiques ;
  • prévenir autant que possible les situations de crise. Au cas où une telle situation devait se produire, prévoir des mécanismes d’intervention auprès de la personne concernée tout en assurant la continuité des activités régulières.

La présence d’un coanimateur, c’est-à-dire d’une personne qui aide l’animateur à bien remplir ses fonctions, peut-être fort utile en situation de crise, l’animateur ou le coanimateur pouvant se retirer du groupe avec la personne en crise pour aider celle-ci à surmonter les difficultés du moment.

Dans un groupe d’entraide, l’animateur n’agit pas comme intervenant qui donne une thérapie aux membres du groupe. L’animateur remplit plutôt le rôle de « modérateur », c’est-à-dire qu’il doit faciliter les discussions dans le groupe en tenant compte constamment de l’objectif fixé au départ. En ce sens, l’animateur doit avoir confiance en lui-même, confiance qui rejaillit sur le groupe afin que les participants puissent sentir le soutien dans leur désir de s’en sortir. Donc, le groupe d’entraide n’est pas une thérapie individuelle ou de groupe.

La coanimation d'un groupe d'entraide

Règles de base pour un coanimateur

  • D’abord, chercher à comprendre ; ensuite à se faire comprendre.
  • Respecter les idées et les personnes.
  • Ne pas avoir d’idées préconçues sur les membres et leurs points de vue.
  • Questionner et laisser les membres du groupe répondre.
  • Se percevoir comme quelqu’un qui fournit une aide à l’animation du groupe.
  • Écouter attentivement.