Témoignage d'Émotifs Anonymes

Témoignage d'Anne-Marie

 " Avec le groupe Émotifs Anonymes j'ai appris à mettre des mots sur ma peine, ma colère et mes déceptions. Le programme des EA m'a donné un vocabulaire et m'a enseigné à prendre soi de moi. "

Celle qui parle se nomme Anne-Marie et cela fera bientôt 14 ans qu'elle participe au groupe EA. À cette époque, Anne-Marie traversait des périodes de vie difficiles : au travail des conflits avec une secrétaire en chef contrôlante, à la maison des difficultés avec ses adolescents, son couple battait de l'aile et pour ajouter aux épreuves, sa mère avec qui elle avait une bonne relation décède.

" J'avais le sentiment de ne pas avoir ma place nulle part, je me sentais seule et je me voyais glisser dans la dépression. J'avais des loisirs avec mon mari, on suivait des cours de danse mais ce n'était pas assez pour remplir ma vie. J'ai développé des troubles anxieux et j'ai dû arrêter de travailler pendant 2 mois. Comme je ne me voyais pas revenir travailler avec cette personne contrôlante, je me suis cherché un autre emploi. J'ai finalement trouvé un autre emploi, à temps partiel. Je me suis rendue compte que j'avais pris la bonne décision.

Puis, un jour, en faisant le ménage dans ma voiture, je suis tombée sur le dépliant Outremangeurs Anonymes. J'ai pensé qu'en les appelant j'obtiendrais les renseignements sur le groupe Émotifs Anonymes dont j'avais déjà entendu parler. C'est comme cela que j'ai commencé. J'ai trouvé là des personnes qui ne me jugeaient pas et avec qui je pouvais enfin parler et être écoutée. "

Au début, le groupe lui est apparu comme une bouée de sauvetage. Anne-Marie partait d'Orléans où elle vivait, et tous les jeudis soirs elle se rendait seule au groupe de Gatineau dans le sous-sol de l'église Jean XXIII. Anne-Marie a mis les efforts; elle a lu la documentation et a participé toutes les semaines. " C'est devenu un programme de vie, mon guide, et une discipline personnelle. J'apprends que lorsque je vis des problèmes, j'ai une discipline de vie qui fait que je ne reste pas avec ça, je parle à quelqu'un et j'accepte que mes problèmes ne soient pas résolus. Je ne deviens pas le problème. Puis je m'y suis fait des amies. "

Puis le temps a passé et son mari qui était " fermé comme une huître " a commencé à participer lui aussi au groupe. Quand Anne-Marie s'est sentie bien avec elle-même, elle est devenue marraine de quelques personnes. Le marrainage /parrainage est important dans les groupes anonymes. Les personnes qui ont besoin de marraine ont quelqu'un à qui se confier entre les réunions.

Qu'est-ce que le marrainage apporte à Anne-Marie? " J'ai établi mes priorités et prendre soin de moi est dans mes priorités. Être la marraine de quelqu'un, ça me tient sur terre, je le fais parce que ça m'aide à prendre soin de moi. "

À la question de pourquoi elle continue au groupe, Anne-Marie répond qu'elle a trouvé au groupe des gens qui lui font confiance et que cette confiance lui rapporte beaucoup. " C'est mon mode de vie, mon réseau, j'en ai besoin pour mon équilibre émotif. "

Sur la question de la relève, Anne-Marie constate que c'est difficile de trouver de la relève. " Les gens hésitent à s'engager et pourtant quand on s'engage, je le sais, cela nous fait du bien, c'est valorisant et c'est bon pour l'estime de soi. Ça me rapporte beaucoup d'être dans ce groupe. "

Propos recueillis par Monique Pellerin

Directrice de CAP Santé Outaouais

Septembre 2008