Témoignage d'Al-Anon

Témoignage de Colette

Q : Lors des rencontres, qu'est-ce qui est important pour vous de réaliser seule ou avec le groupe?

" Il est bon d'être à l'écoute, d'être attentive, de s'accueillir dans nos différences et de s'encourager à garder l'espoir. Il est valorisant de prendre le temps de s'exprimer. C'est agréable de partager les responsabilités avec d'autres membres du groupe en vue de bien préparer et vivre les rencontres. "

Q : En quelques mots, décrivez-nous le déroulement des rencontres.

" La soirée débute d'abord par un accueil chaleureux. Nous faisons un temps d'arrêt pour se permettre d'être soi-même dans ce qui est vécu au quotidien. Une personne anime la soirée et suite aux quelques renseignements transmis, invite les membres à partager librement sur un sujet choisi à partir de la documentation d'Al-Anon. Cet échange invite les membres à une prise de conscience ou à partager une difficulté rencontrée dans son quotidien. Ceci apporte un soulagement tout en identifiant l'outil à utiliser pour mieux vivre en harmonie avec soi. "

Q : De façon anonyme pouvez-vous nous décrire le profil des participants?

" Les rencontres s'adressent aux hommes et aux femmes de 18 ans et plus. Il n'y a ni titre, ni de grade, il n'y a que des personnes. Plusieurs des membres se retrouvent souvent en difficulté financière. Que ce soit par la consommation d'alcool, de gambling, de drogues, de substances ou de médicaments, les personnes de l'entourage se retrouve affectées par l'obsession de consommer et par le comportement de l'autre. En effet, la progression de la maladie de consommation cause une perte de qualité de vie physique, mentale et spirituelle. "

Q : Comment avez-vous connu ce groupe?

" J'ai connu le groupe Al-Anon par une amie qui s'était jointe à la fraternité Al-Anon. Je voyais chez cette amie un calme qui était quelque chose de nouveau chez elle et pourtant son conjoint était encore un consommateur actif. Un jour, son conjoint est allé chercher de l'aide. "

Q : Décrivez-nous ce que vous recherchez et trouvez à travers ce groupe.

" Ça fait maintenant plusieurs 24 heures que je participe au groupe Al-Anon et j'y retrouve une longueur d'onde. Un ressourcement m'amène à me servir des outils de façon quotidienne dans tous les domaines de ma vie, que ce soit dans ma vie personnelle, professionnelle ou spirituelle, dans mon noyau familial, dans mes activités et avec la société.

Il n'est pas nécessaire de consommer pour souffrir. Il y a de l'aide pour toute personne qui est affectée par la consommation d'alcool et de substances d'une personne de son entourage…

Il y a de l'espoir. "

Q : Racontez-nous un épisode de votre vie au cours du quel vous avez utilisez les outils d'Al-Anon

" Un jour, mon fils s'est retrouvé avec une peine d'amour. Sa douleur était tellement intense qu'il s'en est suivi une dépression et la prise de médicaments. Je me sentais grandement impuissante face à sa souffrance, et face à sa perte du goût de vivre. Tout en étant à son écoute avec c compassion, je devais me rappeler constamment de lâcher prise et de m'en remettre à Dieu. En me rendant à mes réunions, je me sentais épaulée par les membres et j'en ressortais fortifiée à prendre le temps de vivre mes sentiments et reprendre mon équilibre émotif. Je me sentais invitée à le laisser vivre son expérience sans me laisser emporter dans le tourbillon de la peur et de l'inquiétude.

Et puis un matin, je me suis retrouvée à l'urgence de l'hôpital suite à l'appel m'informant de la tentative de suicide de mon fils. Je me suis sentie saisie et une fois de plus grandement impuissante à devoir le regarder sur le respirateur artificiel pendant 2 ½ jours. Une colère intense montait en moi à me sentir complètement impuissante, telle une lionne qui lance son cri de ne pas toucher à son lionceau blessé. Pour quelques instants, j'ai eu un sentiment de honte m'envahir. Je me suis sentie étourdie. C'est alors que j'ai senti une main sur mon épaule. Une membre d'Al-Anon passait par là et m'offrait d'aller jaser avec elle. Ça m'a permis de m'exprimer et puis de me rappeler qu'il m'était important de recouvrir la raison et reprendre mon équilibre émotif.

L'essentiel d'abord était pour moi de laisser la vie suivre son cours, et de vivre un jour à la fois. Je me suis impliquée dans mes réunions Al-Anon ce qui m'amenait à la lecture de la documentation qui me rappelait de prendre soin de moi à travers cette tempête de visites et de démarches. Par la grâce de Dieu, il s'en est sorti sans séquelle au cerveau, même après avoir manqué d'oxygène. Moi, j'en suis arrivée à traverser cette expérience sans médicament, sans substance d'aucune sorte, mais plutôt avec les outils de la philosophie Al-Anon, avec l'aide de Dieu et celles des membres. J'ai beaucoup de gratitude. "

Vous aimeriez en savoir davantage sur la fraternité Al-Anon? Vous connaissez une personne qui pourrait être intéressée par Al-Anon? Téléphonez au 819-669-0543. Vous y trouverez de l'espoir…

Un beau merci à Colette d'avoir pris le temps de répondre à nos questions.

Propos recueillis par Valérie Paquette

Adjointe-administrative de CAP Santé Outaouais

Novembre 2005